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Récap : Lollapalooza Paris 2023

Par Alban Sauty

La dernière fois que nous avions couvert Lollapalooza (2019), nous avions passé un très bon moment grâce à une programmation de haute qualité et une bonne ambiance générale. Après une année blanche, une édition dégradée et l'an dernier où nous n'étions pas présents, le duo Louis et Alban était de retour sur les plaines de l'hippodrome de Longchamp et vous livre son ressenti sur la cinquième édition d'un des festivals les plus courus de l'été dans l'hexagone.


La programmation


La force du Lollapalooza Paris réside dans sa programmation avec des artistes internationaux qui ne se produisent que rarement en France comme Kendrick Lamar, Lil Nas X, Rosalía qui faisait la dernière date de sa tournée mondiale, Ava Max ou OneRepublic et des stars de leur style musical à l'image de Damso, Niska, Central Cee ou encore Niall Horan.



En dehors des mainstage, dont l'une qui accueillait Kygo Kygo en clôture du samedi soir, les artistes de musique électronique se sont succédés sur la Perry's Stage. On y retrouvait Tony Romera Tony Romera, San Holo San Holo, Dirtyphonics, Clozee ou encore Rezz Rezz et Slander Slander pour les closing du vendredi et dimanche soir.

Mêlant artistes internationaux qui pour certains se sont échappés de Tomorrowland et français confirmés, la programmation, notamment du dimanche, avait de quoi séduire les festivaliers, même si de notre ressenti nous aurions aimé davantage de noms forts et internationaux en journée.

Le public/l'ambiance


Composé en grande partie d'étrangers le vendredi soir, le public était plus hétéroclite le samedi et le dimanche. Arborant des tenues de circonstances collant à l'image du festival, les festivaliers au nombre de 170 000 se sont principalement massés devant les mainstage. Sur la Perry, mis à part le show de Dj Diesel le samedi, celui de Knock2 pour sa première date Française et Mosimann Mosimann le dimanche, qui ont fait le plein sous la tente et en dehors, l'affluence était assez faible.



Par conséquent, l'ambiance s'en est ressentie avec des concerts presque privés de la part de certains comme CloZee qui se trouvait en face de Lil Nas X et Rosalía et qui s'est donc retrouvée avec une Perry's Stage quasiment vide. Idem pour San Holo San Holo devant à peine 300 personnes ou pour Rezz Rezz en face d'un peu plus d'une centaine supplémentaire. Si cela a pour effet de renforcer la communion avec l'artiste, nous étions toutefois parfois un peu moins dans l'ambiance même si les habituels adeptes des pogos s'étaient donné rendez-vous pour SVDDEN DEATH ou Slander Slander entre autres.



Comment expliquer ce peu d'affluence alors même que la programmation était dans l'ensemble plutôt alléchante avec de nombreuses exclusivités françaises et parisiennes ? En discutant avec quelques adeptes des musiques électroniques, le prix du billet (220€ les 3 jours et 89€ la journée) au regard des artistes programmés sur la Perry's Stage est leur principale justification. Débourser une telle somme dans le contexte socio-économique actuel est en effet un investissement lorsque l'on y ajoute la restauration et le transport pour se rendre au festival. Beaucoup nous ont confié que c'était leur seul évènement musical payant de l'été.

L'organisation


Gros point noir : l'accès au festival. Pour notre part, nous arrivions en tramway du côté de Suresnes / Saint-Cloud avant de marcher pendant plus de 20 minutes pour rejoindre l'entrée. Pour d'autres, il fallait également prendre des navettes depuis les stations de métro allongeant le temps de trajet. Le mieux était de privilégier les mobilités douces (vélo ou trottinette) mais aucun parking n'était prévu pour ceux venant d'en dehors de la région parisienne. L'accès était plutôt bien indiqué et sur le site, la circulation était fluide.



Côté restauration, un large choix était proposé : saumon à la flamme, burgers, cuisine du monde, grillades, pâtes, tenders, salades, aligot, falafel, kebab, glaces, churros et crêpes sont venus régaler les papilles des festivaliers. Entre 20 et 45 minutes d'attente selon l'horaire privilégié pour être servi. Au niveau du bar : bière, soft et "Yoleau" (jeune marque française proposant des boissons alcoolisées brassée avec des vrais fruits et sans céréale, pour une alternative à la bière) sont venus étancher la soif du public.

En moyenne compter 15 euros pour dîner, ce qui fait un évènement assez cher mais on pouvait aussi compter sur le "Lollachef" avec des plats pensés spécialement par les grands chefs cuisiniers que sont Mory Sacko, Stéphanie Le Quellec, Alain Ducasse, Cedric Grolet et Jean Imbert pour une dégustation inédite.



Aucun couac à signaler si ce n'est un problème de son au niveau des mainstage avec une qualité assez inégale en termes de balances qui empêchait d'entendre distinctement les paroles d'artistes comme Damso ainsi que Lil Nas X. Malheureusement, ce souci n'est pas un problème propre à cet évènement et a déjà été observé à plusieurs reprises cet été.

En outre, nous avons particulièrement apprécié les copeaux de bois sous la tente de la Perry's stage qui mettent fin à la poussière qui rendait l'air irrespirable en 2019. Un effort avait aussi été fait sur la décoration du site aux couleurs de Lollapalooza et tout le monde a pu réaliser sa meilleure pose devant la réplique de la Tour Eiffel.

Les activités


Trustée par les marques partenaires du festival, la partie animations regroupait quelques activités gratuites (maquillage, photo avec effets visuels, piscine à boule, tatouage temporaire, blind test). Nous avons particulièrement aimé l'espace "Greenroom" organisé en format boiler room avec des Dj's qui ont fait le show tout le week-end. La zone "bornes d'arcades" sous toile noire mériterait aussi d'être mise davantage en avant.



D'un autre côté, certaines activités étaient payantes comme le nail art (25€) ou la pose d'un strass dentaire (de 30 à 70€) qu'il faudra faire retirer chez le dentiste ou dans le lieu de la société qui pose ces bijoux. S'agissant du "Lollaplanète", cet espace restait sous-dimensionné par rapport à la taille du festival. Toutefois, la diversité des associations qui réalisaient des sensibilisations aux problématiques environnementales et sociales et les activités proposées par ces dernières étaient ludiques et donnaient envie de prendre part au World Clean Up Day (16 septembre) ou de s'engager pour la protection et la mise en valeur des cours d’eaux, de l'océan, des vagues et du littoral avec Surfrider.

Notre sélection des concerts de l'édition 2023


Knock2



Quel première en France ! Énormément de festivaliers avaient pris seulement leur dimanche pour voir le phénomène américain : Knock2. Avec sa tournée Room202, l'Américain a affiché sold-out sur toutes les dates de sa tournée américaine et fait parler de lui à l'international avec son live-set Knock2 Presents 'ROOM202' (Live From Los Angeles). Il a tout simplement retourné Paris ! Parmi les 3 sets les plus remplis de la Perry's Stage sur les 3 jours, l'énergie n'est jamais redescendue : un public en feu sur chaque titre, des pogos à n'en plus finir et une élévation de voix, en cœur, sur les titres les plus connus de Knock2, à savoir "dashstar*" en version classique et en VIP edit, "gettin' hott", "Rock Ur World" ou encore "One Chance" en collaboration avec NGHTMRE. On a hâte de sa prochaine date en France !

Dj Diesel



Big Shaq était au Lollapalooza Paris et il n'était pas là pour blaguer. Imposant, le géant a livré l'un des meilleurs sets de cette édition 2023 face à l'une des plus grosses affluences du week-end sur la Perry's Stage. Perry Farrell en personne avait lui aussi fait le déplacement pour participer au set de Dj Diesel. Géant au grand cœur, ce dernier a fait monter des festivaliers sur scène pendant tout son set. Un rêve réalisé pour certains qui ont donc partagé un bout de set aux côtés de l'ancien joueur américain de basket-ball. Au niveau de la playlist, il a envoyé banger sur banger avec un remix puissant de "Miracle" de Calvin Harris.

Mosimann Mosimann



Programmé en début d'après-midi, Mosimann Mosimann dont le concert a pris 10 minutes de retard à cause d'un souci technique, est arrivé devant une fosse bien remplie. Avec la même scénographie que son concert à l'Olympia à l'automne dernier, il a fait bouger la foule emportée par sa technicité derrière les platines et ses solos de batterie. Avec des morceaux bien choisis comme "Sweet dreams vs Love Tonight", le producteur débordant d'énergie a su maîtriser sa partition malgré une prestation courte (35 min) et a laissé un public familial le sourire aux lèvres lorsqu'il est sorti de scène.

Kygo Kygo



Le norvégien s'est occupé du closing du samedi de la Main Stage East devant une foule compacte. 1h15 de set malgré un début retardé de 15 min, Kygo Kygo nous a joué ses plus grands tubes d'aujourd'hui ainsi que de sa discographie. De belles exclus ont pu avoir les festivaliers de Lollapalooza comme un live orchestral de "Freeze" avec la voix officielle du titre et celle qui a écrit les paroles : Andrew Jackson ; mais aussi Zak Abel qui interprète "Freedom", Zoe Wess, présente le jour d'avant en solo et qui a interprèté pour la première fois en live avec Kygo Kygo "Love Me Now" ou encore Justin Jesso sur le magnifique titre "Stargazing" et "Firestone" en acoustique avec l'orchestre à cordes.



Malgré tous ces éléments et de magnifiques "mashups" joués comme "Remind Me To Forget vs Resurrection (Axwell's Recut Club Version)" ou "Only You vs Stay", si bien réalisé par Rencontre Nocturne, le norvégien n'a pas réussi à conserver l'énergie du public, de part la tracklist choisie de bout en bout mais aussi à cause des transitions quasi inexistantes mis à part avec la voix au micro ou avec les effets pyrotechniques majestueux.

Lindsey Stirling



Avec curiosité nous sommes allés voir ce live programmé sur la Main Stage West. Au-delà de la virtuosité de Lindsey Stirling capable de jouer à terre, la tête en bas, dans les airs tout en étant toujours en mouvement, nous sommes passés par toutes les émotions pendant ce concert. Tantôt de la fougue sur "Roundtable Rival", tantôt de la la tristesse lorsqu'elle a interprété un morceau dédié à son père disparu. Avec une belle scénographie, nous avons vibré sur des titres comme "Crystallize" et "Shatter me". Entre le classique, le rock, la dubstep, le cocktail est explosif mais a fonctionné à merveille.

Slander Slander



Le duo de Los Angeles a retourné la Perry's stage. La limite entre émotion, énergie et énervement était parfaite. Passer de "Superhuman", "Love Is Gone" ou "Potion", titres très émotifs et mélodiques, à de gros bangers sur fond de pogos / moshpits pour le public (réclamés ou non par les DJ's) était la recette parfaite pour clôturer le dernier jour de la Perry's Stage. Une prochaine date en France ? Nous sommes preneurs !

Conclusion




Depuis 2019, Lollapalooza Paris a peu évolué. Il propose toujours une programmation particulièrement intéressante mais accessible à un tarif très élevé surtout si l'on vient uniquement pour la partie électro. Sur place, se restaurer est aussi coûteux bien qu'il soit possible de goûter à des plats de grands chefs. Les quelques activités mises en place par les partenaires avec la distribution de quelques goodies ne restent qu'une maigre compensation.

Le village "Lollaplanète" mériterait d'être agrandi ; l'ajout d'une scène hip-hop a été accueillie avec enthousiasme par les festivaliers mais l'endroit où elle est disposée est vide d'animations. La partie "Kidzapalooza" est toujours très appréciée des familles et a fait le plein tout le long du week-end. L'ambiance globale est bonne mais davantage de public sur certaines scènes pourrait la rendre encore meilleure.



Désormais sur 3 jours (une évolution attendue et appréciée), Lollapalooza Paris reste l'opportunité de voir des artistes que l'on ne verrait pas autrement sans sortir du pays. Il est certain que sa fréquentation dépend pour grande partie de cette programmation. En 2024, le festival tombera en pleine célébration olympique. Les organisateurs nous ont promis une édition spéciale. Wait & See !


Crédit Photo : Louis D, Lindsey Sterling by @ggposey, Lollapalooza Entrance by @rubyshxp
Alban Sauty Article rédigé par Alban Sauty
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