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Recap : Ovalies UniLaSalle 2022 et interview avec Mike Williams
13 Mai 2022 - Par Alban Sauty

En ce deuxième week-end de mai, nous sommes partis à Beauvais (Oise) à la découverte du plus grand tournoi européen de rugby universitaire à but solidaire : les Ovalies UniLaSalle. Proposant des soirées avec un plateau d’artistes français et internationaux de qualité, la 27ème édition a réuni plus de 10 000 amateurs de ballon ovale. Nous y avons aussi rencontré Mike Williams avec qui nous avons parlé de santé mentale et de la saison estivale qui s’annonce exceptionnelle pour lui.



Les Ovalies UniLasalle : un évènement solidaire


Depuis le mois de mai 1995, le temps d’un week-end, Beauvais se transforme en capitale européenne du rugby universitaire. Pendant plusieurs jours, 1 350 étudiants issus des écoles et universités des quatre coins de la France et d’Europe se donnent rendez-vous au stade Marcel Communeau pour défendre leurs couleurs. Organisé de A à Z par les étudiants de l'institut polytechnique UniLaSalle (81 organisateurs et 400 bénévoles cette année), cet évènement se distingue avant tout par son aspect solidaire.



Chaque année, les bénéfices générés par les Ovalies UniLaSalle sont reversés à une ou plusieurs associations ou organisations non gouvernementales. Depuis la création du tournoi cela représente plus d’un demi-million d’euros. Ainsi, lors de cette 27ème édition, ce sont l’Arche Beauvais (inclusion des personnes en situations de handicap), Serge Betsen Academy (aide à l’accès à la santé et l’éducation pour les enfants défavorisés du Cameroun et du Mali) et Une Ballade pour Justine et Lou (lutte contre l’arthrite juvénile) qui ont été soutenues.



Parrainés par Dimitri Yachvili, Fanny Horta et Wally Salvan, les Ovalies UniLaSalle 2022 ont réuni des milliers de participants pour leur grand retour en physique après deux années blanches à cause de la crise sanitaire. Sur le terrain, Purpan ont survolé le tournoi chez les filles comme chez les garçons mais dans les tribunes c’est l’IPSA et leur mascotte Dragon qui s’est distingué en reportant le concours des supporters. Enfin, du côté des Pompom ce sont les filles du VetAgro Sup Lyon qui sont reparties avec le trophée de la compétition marrainée par Isabelle Severino.



Une troisième mi-temps de haut niveau


Placés sous le thème « sur le bord du Nil », les Ovalies UniLaSalle 2022 étaient aussi fortement attendues par les étudiants pour leurs soirées se déroulant à l’issue de chaque journée de compétition. Misant sur une programmation axée sur la musique électronique, les soirées des Ovalies organisés par la Com’Sono ont acquis au fil des années une certaine réputation tant pour l’ambiance qui s’en dégage que pour la qualité de leur programmation artistique. A titre d’exemple, Tony Romera, Breakbot, Mokoa ou Pfel & Greem (C2C) s’y sont déjà produits



Cette année, en dehors des artistes programmés sur la scène Bodega, nous retrouvions Italobrothers et Marnik le vendredi tandis que Vendom, Mike Williams et Adrien Toma venaient assurer la troisième mi-temps du samedi soir sous le chapiteau. Une programmation internationale ayant attiré des milliers de spectateurs notamment le samedi où victime de son succès, les Ovalies ont dû fermer leurs entrées à 23h au grand dam de certains amateurs de musique électronique.



Du côté des sets du samedi, Vendom a chauffé le public avec une programmation musicale assez éclectique avant de laisser la place à Mike Williams pour un set assez différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre de la part du Dj en festival. Le néerlandais nous a en effet gratifié d’un show mêlant mashups de ses tubes « Wait Another Day » ou « Face up to the Sun » avec des classiques comme « Love don’t let me go », « Heads will roll » ou « Samba de Janeiro ».



Un choix finalement pas si surprenant étant donné le public de la soirée venu plus pour s’amuser entre amis et fêter la fin du tournoi, que pour écouter les tubes du producteur néerlandais. Une aubaine pour Mike Williams qui a pu tester ses prochains morceaux dont sa collaboration avec Magnificence devant un public bouillant de plus de 5 000 personnes.



Enfin, Adrien Toma a pris les platines des Ovalies accompagné de son intelligence artificielle pour un live « back to the future » avec des titres comme « La vie en rose » ou « Feed From Desire ». Il en a aussi profité pour jouer ses propres morceaux et faire le show comme à son habitude avec son percussion pad.

Interview - Mike Williams


Ce soir, nous sommes à la 27ème édition des Ovalies, un tournoi universitaire de rugby et de cheerleading qui a pour objectif de récolter des fonds pour des associations ou des organisations caritatives qui accompagnent les personnes en situation de handicap ou les enfants défavorisés ou malades. Dans quelle mesure, c’est important pour toi d’être présent lors de cet évènement ?

C’est vraiment important pour moi d’être ici ce soir, après tout ce qu’il s’est passé (crise sanitaire). Je me sens honoré que les organisateurs aient pensé à moi pour jouer ici plutôt qu’un autre DJ. Je ne me produis pas souvent en France donc chaque show que je fais devant ce public est un vrai bonheur.



Hier tu étais au Luxembourg, ce soir tu es en France et la semaine prochaine tu te rendras au Japon et en Corée du Sud. D’un point de vue européen, on a remarqué que le monde du clubbing asiatique présente quelques différences avec le nôtre mais on a un peu de mal à saisir celles-ci, est-ce que tu peux nous éclairer un peu sur ce sujet ?

En Asie, chaque ville, chaque pays est différent. Les personnes et l’énergie sont différentes. Chaque pays a son propre charme : les français sont très dynamiques et les japonais peuvent aussi être dynamiques à leur manière. C’est pourquoi, j’aime beaucoup me produire dans des pays différents pour voir des publics différents et jouer différents sets également.



Quand nous avons préparé cette interview, on s’est rendu compte que tout a grandi rapidement pour toi. En 5 ans, tu as joué partout dans le monde, à l’Ultra Miami, Tomorrowland, EDC, tu as collaboré avec des légendes comme Tiësto ou Hardwell, lancé ta propre marque de vêtements, un radio show chaque semaine…Pourtant en novembre 2021, tu as décidé de prendre une pause car « toutes ces choses (voyages, shows, rencontrer des gens) ne te rendaient pas aussi heureux qu’elles auraient dû le faire ».


Depuis la tragédie d’Avicii, on a vu une réelle prise de conscience dans l’industrie de la musique électronique de l’importance de l’équilibre entre la santé physique et mentale. Est-ce que tu as ressenti une certaine pression de cette industrie ou de quiconque pour t’amener à faire cette pause de 4 mois et quels avantages as-tu tirés de celle-ci ? Est-ce un nouveau départ pour toi ?


J’ai ressenti énormément de pression. Elle n’était pas tellement exercé de la part des gens sur moi mais principalement par moi-même car je voulais avancer chaque semaine, chaque jour et durant la COVID c’était très difficile de maintenir ce rythme. Tout ce qui m’entourait s’effondrait de plus en plus et c’était très stressant de voir cela. Tu peux essayer tout ce que tu peux mais pour moi ça n’allait pas.



J’ai recommencé à faire des shows à la fin de l’année 2021 mais j’avais l’impression d’être absent et de ne pas donner le meilleur de moi-même. C’est pourquoi, j’ai décidé de prendre du recul pour quelques mois. J’ai travaillé sur moi et je suis revenu plus fort. Je pense que c’est la meilleure décision que j’ai jamais prise.

Après plusieurs années de tournées, tu changes en tant que personne, c’est très intense et tu dois traiter ça et je suis très heureux de l’avoir fait, d’avoir pris du temps et aujourd’hui je me sens plus heureux que jamais. Je me connais, je sais ce qui me rend heureux et l’équipe (il regarde son photographe et son manager) le sait mieux aussi.



Pour tous ceux qui se battent maintenant ou durant la COVID ou dans le futur, prenez du temps pour vous, pour mieux vous connaître et emmerdez tout ceux qui vous disent que vous ne pouvez rien faire ou que vous perdez la tête.

Après « Harmony » qui est l’un de nos coups de cœur de la semaine, tu es revenu avec « Pretty Little Words » en featuring avec Zack Hall, qui est un titre qui évoque la période que nous venons de mentionner. Ce soir, tu as teasé un son avec Magnificence et cette semaine tu as parlé d’une collaboration avec Retrovision, qu’as tu prévu pour cet été ?

Du côté des shows, on va faire Tomorrowland MainStage à nouveau, Parookaville, beaucoup de sets en Espagne, en Europe, on va retourner en Asie puis aux États-Unis avant Creamfields au Royaume-Uni. L’été est plein !



Du côté de la musique, il y’a beaucoup de collaborations qui vont arriver avec Robbie Mendez, Retrovision, Magnificence, Afrojack, W&W, Timmy Trumpet… beaucoup de bonnes choses arrivent. Cette année va être folle parce que pour tout le monde c’est un nouveau départ, donc c’est amusant de tester mes nouveaux sons lors de mes sets.

Devant nous on a Mike Williams le DJ mais comme on l’a vu dans une vidéo humoristique pour le top100DJMAG, il y’a d’autres Mike Williams ; le cuisinier (Grilliams), l’intervieweur (MikeontheMic), le styliste (Milliams)…Peux-tu revenir sur l’un de ces différents projets parallèles ?

J’essaye de montrer aux gens que je ne suis pas seulement un DJ. J’aime montrer différentes choses dans mon studio (il s’est construit un nouveau studio durant la pandémie). J’aime cuisiner et les gens ont inventé le nom Mike Grilliams donc j’ai voulu leur montrer ce que je cuisinais à la maison. MikeontheMic a débuté il y’a quelques années lors d’une soirée arrosée à Miami où je suis allé dans le public avec un micro pour interviewer les gens. J’ai voulu recommencer le concept un peu plus tard.


Est-ce qu’il y’a un artiste que tu écoutes et que tu aimerais mettre en lumière ?

Il y’a beaucoup de très bons producteurs actuellement mais je pense à Robbie Mendez. J’ai collaboré avec lui pour un son qui va bientôt arriver et il est très talentueux.


Pour conclure, tu as carte blanche pour partager ce que tu veux aux lecteurs de Clubbinghouse.com

Je remercie ceux qui liront cet interview ou qui étaient présents dans le public ce soir ou à un autre de mes concerts en France. C’est toujours un plaisir de jouer ici et tout le monde est toujours très enthousiaste. J’espère que vous me suivrez quand vous le pourrez et qu’importe qui vous êtes. Je suis juste reconnaissant d’être ici.


Crédit Photo : Lucas Dufresnes / Ovalies UniLaSalle / Mike Williams (Youtube)
Alban Sauty Article rédigé par Alban Sauty